dimanche 2 mars 2014

Epuisée, fatiguée, lasse, ereintée, exténuée ... cette fatigue qui me poursuit et me précède même !

Comment parler de cette fatigue, qui ne ressemble pas à la fatigue normale de quelqu'un qui a trop bougé ou trop stressé  ...

C'est comme, pour ceux qui ont connu la mononucléose, cette fatigue qui est une chape de plomb sur tout mouvement, sur toute pensée.

C'est comme une voiture qui veut continuer de rouler sans essence.

Dans mon cas, c'est un mélange entre les séquelles d'opérations, les maladies elles mêmes, et les effets 2aires des traitements qui se chevauchent. Par dessus, les événements personnels de deuil en deuil, de rupture en perte en abandon ...

Je trouve de moins en moins mes mots.
Quand je parle avec quelqu'un le mot s'échappe.
Je ne retiens plus les souvenirs et les détails récents.

Vendredi je suis allée à la banque régler une histoire de cartes bancaires avec un ami, pour ma mère qui vit en Suisse mais qui a un compte ici. Je ne sais plus exactement ce que l'employé m' a dit qu'il faisait comme opération pour nous simplifier la vie, à part ce que j'ai noté. Mais je n'ai pas pu tout noter, il allait trop vite pour moi. Pour lui c'était son rythme normal.
Et moi j'étais un peu larguée.

Voilà ... je vis dans un monde en accéléré et je me sens dépassée par la montagne de choses à faire.

Surtout ce mois de mars avec cette fatigue.
Il y a des choses que je dois dire à mes ex collègues depuis 1 mois et je n'ai même pas encore pris le temps pour le faire.

Sur le doodle de ce mois de mars il y a 75 trajets, et encore tout n'y figure pas !

Je crois qu'en avril je vais m'écrouler ... surtout qu'en avril ... ça fera un an (papa qui meurt, Crohn qui m'est diagnostiqué, et puis fin avril au retour de Suisse ou début mai je ne sais même plus, l'amoureux qui s'en va)

Moi qui connaissais mon agenda de mémoire quand je bossais, qui  avait une mémoire d'enfer, y compris pour les détails, moi qui étais up. Je suis down.

Maintenant c'est un sentiment de décrépitude, de "déclassement" ... C'est vrai je n'utilise plus mon cerveau comme avant mais quand même je l'entretiens, j'ai vieilli aussi mais à certains moments tant le cerveau que le corps me semblent avoir 70 ans (le matin quand je dois me lever, crochue et en-raidie à cause de cette arthopathie pso, et après, tout me tombe des mains, aucune force pas de prise, etc ... et cette dégénérescence - lente pour le moment heureusement pour moi - je la constate au fur et à mesure des jours qui passent et des tasses cassées).

Depuis que je suis sous antibiothérapie en continu, les viroses ou autres microbes ne dégénèrent plus en pneumonies aiguës mais je sens quand même, en plus, mon corps lutter ... besoin alors de dormir pour compenser et je dors 15h, même 20h de vendredi à samedi avec 2 ou 3 pauses "pipi" d'une demi-heure puis c'est reparti ...

Les crise de Crohn qui vous vident, dans tous les sens du terme.

La douleur qui épuise aussi.

Il y a des gens qui ont une vie bien pire et plus difficile que moi, je sais.
J'ai de la chance aussi, je sais.
Cela n'empêche pas que je ressente tout cela comme injuste, et en même temps, c'est une expérience de vie peu commune.

Moi qui avait érigé comme principe fondateur de ma personnalité l'autonomie, me voilà ayant appris à demander de l'aide et devenue "tutorisée", et dépendante à tout point de vue, de plusieurs personnes et d'institutions ... c'est comme ça.

Je pense que ce deuil là, ce changement, est intégré. Même si de temps en temps j'ai des accès de révolte ...

Mais se rebeller ne me ferait que perdre encore de l'énergie, or je dois tout faire pour la garder, pour l'entretenir, pour récupérer, pour me refaire une réserve, pour essayer de vivre plutôt que survivre ...

J'appréhende un peu ce mois de mars, tant au niveau de la charge physique, énergétique, qu'émotionnelle : ma séance d'anti tnf en chimio, mon passage devant cette Commission pour une mise à la pension anticipée pour inaptitude physique (maladie rare de longue durée), la commémoration pour Patricia, mon amie décédée d'un cancer, ma plongée dans un travail thérapeutique et psychanalytique de fond ... des changements, des remises en questions, des portes qui se ferment, et d'autres qui s'ouvrent sur l'inconnu.

Aborder l'inconnu quand on se sent faible et épuisé physiquement, et vulnérable psychologiquement  c'est pas de la tarte !

J'ai besoin de vous ce mois ci, de toutes les manières possibles ...

mercredi 26 février 2014

J'ai retrouvé un papier ...

Un document de la mutualité, confirmant l'autorisation pour la délivrance de la morphine jusqu'à fin mars 2014 ...
Et un autre, le 1er document officiel reçu après mon premier rdv au centre de la douleur à Erasme : la prise en charge de rééducation fonctionnelle, de prise en charge algologique et de séances de traitement jusqu'à mi mars 2014 par le centre de référence d'Erasme.

J'avais reçu tout ça en 2012 ...

"Il" (l'amoureux de l'époque) avait cru qu'en 3 ou 4 mois je serais guérie ... il voulait me sauver, au début.

Quand je lui ai montré ces papiers, il n'y a pas cru ...de bonne foi il pensait que ce serait inutile (ou alors déjà dans le déni ?)

Je lui avais dit, tu sais si on me donne ces papiers pour 2 ans c'est qu'il faudra au moins ça ...

Comme se sont rajoutées deux maladies et plein de complications ... je pense que je vais ravoir ces jolis papiers sans problème pour encore 2 ans !!

"Il" ne m'a pas sauvée.

"Il a cédé devant la souffrance, se protégeant lui même".

Je lui ai pardonné. Malgré l'atrocité de la douleur.

Et voilà ... je dois maintenant, en plus de toutes les démarches et rdv en cours, m'occuper du renouvellement : je me sens complètement dépassée.

Vaccins, médecins, rdv, examens, prises de sang, rapports médicaux à compiler pour la Commission "Pension Anticipée" , assurances, traitements, téléphones, & mails (avocat, service pensions, médecins, employeur, etc), banque, doodle trajets, courses, lessives, trier tous les papiers de l'hôpital, récupérer et dormir 12h minimum, garder mon cerveau en place, chercher et trouver mes mots,  ... ranger et trier chez moi, ... moi ... garder le contrôle ...

Garder le contrôle, pfff , j'ai renoncé pour le moment ça ... j'ai l'impression d'être une malade à double plein temps !

Revenir au moment présent.
Aller dans mon divan.
M'endormir. Oublier.
Pas à pas.
On verra !

mardi 25 février 2014

La Douleur, les douleurs, la souffrance

Un excellent numéro de l'Essentiel Cerveau&Psycho que je mets à votre disposition :
Les Mots des Maux :
"
© L’Essentiel n° 17 / février - avril 2014
1
Certaines notions sont difficiles à définir.
Il en est ainsi, par exemple, du temps, de l’intelligence, de la conscience ou encore de la douleur.
La difficulté transparaît souvent dans la multitude des qualificatifs nécessaires pour décrire le terme. Ainsi, une douleur est aiguë, vive, violente, fulgurante, ou sourde, lancinante, diffuse, obsédante, progressive. Elle transperce, brûle,bat, irradie, picote, serre, tire, élance, écrase. Elle est brève ouelle dure. On la supporte –ou non–, on l’endure, la redoute, etc.
Pourtant, pour que le médecin identifie la cause d’une douleur et propose une prise en charge efficace, encore faut-il qu’il puisse en préciser la nature et l’intensité.
Face à la difficulté de qualifier et quantifier une douleur, des questionnaires ont été élaborés pour permettre au sujet de choisir les termes qui correspondent
à ce qu’il ressent. La situation est encore compliquée par le fait que deux personnes ayant une même lésion ne décrivent pas les mêmes sensations. Qui plus est, une description peut évoluer au fil du temps, par exemple selon l’humeur ou l’état de santé.
Car de nombreux facteurs influent sur la perception de la douleur, tels que le sexe, l’âge, la culture, d’éventuelles maladies associées, la disposition d’esprit, etc. En outre, 
si la douleur physique est difficile à décrire, la douleur morale, souvent qualifiée 
de souffrance, l’est encore davantage. De nombreux poètes et écrivains ont 
appliqué leur art à la dépeindre. Quant à Friedrich Nietzsche, il soutenait dans 
Humain, trop humain (1878) : «Promesse de la science: la science moderne a 
pour but aussi peu de douleur que possible.»
Certes, la médecine cherche à soulagercelui qui souffre, que la douleur soit aiguë ou chronique. Pour autant, une vie sans douleur serait-elle souhaitable? Non, car la 
douleur a une fonction vitale : elle signale une lésion, une infection, une anomalie fonctionnelle. De surcroît, certains, tel Alfred de Musset, considèrent même la douleur comme un moyen de se surpasser : « Rien ne nous rend si grands qu’une grande 
douleur »  (Poésies, La nuit de mai , 1835)  Artem Furman / Shutterstock.com
Comprendre la douleur
Il existe différents types de douleurs, celles qui perdurent pouvant être insupportables. Les scientifiques tentent de comprendre les mécanismes neuronaux mis en œuvre.
Percevoir la douleur
Nous ne sommes pas égaux face à la douleur ; des facteurs génétiques, sociaux, culturels et psychologiques modifient sa perception et ses conséquences à long terme.
Comment soulager la douleur :
Les multiples facettes de la douleur pg 4
Un Français sur trois se plaint de douleurs, mais chaque douleur est unique. La prise en charge doit être adaptée. Bernard Calvino
Comprendre la douleur
Quand la douleur devient chronique pg 8
Les scientifiques découvrent, dans les neurones, les bases moléculaires des douleurs aiguës et chroniques.Frank Porecca et Theodore Price
Un récepteur neuronal de la douleur pg 16
Le récepteur TRPV1 produit l’information douloureuse. Il est présent dans la peau, la bouche, le cerveau, etc. Bernard Calvino et Marie Conrath
Le rôle des cellules gliales pg 23
Les cellules gliales participent aux fonctions des neurones et pourraient entretenir les douleurs chroniques. Douglas Fields
À quoi sert la douleur ? pg 30
La douleur est utile si elle annonce une menace pour l’organisme et si elle disparaît avec elle.
Nicolas Danziger
Percevoir la douleur
La mémoire de la douleur pg 34
Une douleur, son contexte et les émotions associées sont gravés dans les circuits de la douleur et de la mémoire. Bernard Laurent et Gisèle Pickering
La psychologie de la douleur pg 40
L’humeur et notre attitude vis-à-vis de la douleur influent sur ce que nous ressentons et sur nos décisions. Howard Fields
Une sensibilité variable pg 47
Des facteurs psychologiques, culturels, génétiques, etc. interviennent dans la sensibilité à la douleur.
Ingrid Wickelgren
Les souffrances de l’enfant pg 53
Le fœtus, le bébé et l’enfant ressentent la douleur, laquelle est, aujourd’hui, mieux prise en charge.
Annie Gauvain-Piquard
Traiter la douleur
Les cibles thérapeutiques de la douleur pg 58
Tous les acteurs moléculaires des circuits de la douleur sont des cibles potentielles pour vaincre cette sensation. Allan Basbaum et David Julius
Les médicaments antidouleur pg 64
Les antalgiques disponibles soulagent certaines douleurs, mais pas toutes... On manque encore de remèdes efficaces ! C. Chenaf, Ch. Mallet, S. Lolignier et A. Eschalier
Calmer la douleur en stimulant les neurones pg 70
Les techniques de neurostimulation peuvent être utiles lors de la prise en charge des douleurs chroniques rebelles. J. Nizard, A. Lepeintre, J.-P. Nguyen et J.-P. Lefaucheur
Les paradoxes de l’anesthésie pg 76
Les produits administrés lors d’une anesthésie diminuent la douleur et apaisent la souffrance inconsciente. Patrick Barriot
Apprivoiser la douleur avec l’hypnose pg 81
L’hypnose diminue fortement les sensations de douleur, qu’elles soient aiguës ou chroniques.
M.-E. Faymonville et A.Vanhaudenhuyse
Le placebo, un effet réel ? pg 86
Quand on souffre, le placebo stimulerait la libération d’antidouleurs naturellement sécrétés par l’organisme. Patrick Lemoine
Comment l’acupuncture soulage pg 90
Les mécanismes de l’acupuncture sont encore méconnus, mais on sait que cette pratique atténue la douleur. Serge Marchand et Isabelle Gaumond
Les affres de la maladie pg 94
Avec La colonne brisée , Frida Kahlo nous fait partager la douleur chronique dont elle souffrait.
François Sellal
Comment décrire la douleur ? pg 96
Ce questionnaire d’évaluation de la douleur permet de décrire les différentes composantes de la douleur.
 
Si vous voulez une copie numérique du magasine, faites en moi la demande ... c'est beaucoup trop lourd pour mettre un article ou le numéro sur la page

 




Avant un RDV à l'hôpital ... peur "animale"

Je suis la veille d'un rdv à Erasme (hôpital universitaire réputé à Bxl pour ceux qui me lisent de l'extérieur).

Depuis 8 ans, depuis que j'ai appris un certain 15 février que j'avais un cancer du sein infiltrant, ma vie, mon agenda, sont pendus à ces rdv.

D'abord dans un autre hôpital où la 1ère fois que j'y suis allée pour la mammographie et l'échographie j'ai eu le malheur d'envoyer un sms à mes collègues genre "je serai absente jeudi prochain, je prends un abonnement pour Cavell".

Jusqu'à janvier 2012 où cet hôpital là étant au bout de ce qu'il pouvait me proposer, je suis allée voir ailleurs.

Depuis 2ans, c'est facilement entre 2 à 4 rdv par semaine.

Au début j'y allais en transports en commun jusqu'à ce que je sois si faible que cet été une amie me donne l'ordre de trouver des chauffeurs ... un doodle qui fonctionne jusqu'à maintenant de manière fantastique.

Alors voilà, demain à 17h je vois la gastro-entérologue pour une complication de la maladie de Crohn. Cette maladie peut se déclarer de la bouche à l'anus. Cette maladie est aussi une crasse (pas pour rien qu'elle est dans les maladies graves de longue durée pour les assurances). 

En plus, un autre de mes médecins à eu une réflexion bizarre concernant ma dernière prise de sang à propos de la formule lymphocytaire "pas normale du tout dans mon cas". D'où prise de sang dans une semaine pour voir l'évolution, évidemment.

Et donc demain, je montrerai le souci. Et je parie qu'il faudra prendre un rdv pour une échographie ou je ne sais pas quoi encore comme examen ... 

Je devrais être rassurée en me disant bon statistiquement je devrais être dans la majorité des évolutions, càd rien de grave.

Mais depuis 8 ans je me retrouve dans la minorité
Dans les 8% de femmes de moins de 40 ans qui ont un cancer en Belgique.
Dans les 50 cas répertoriés dans le monde de tuberculose hépatique depuis 1950 (les autres ... sont morts, on le voit lors de l'autopsie si elle a lieu ou lors de dissection).
Dans les 0,006% de la population qui ont une arthropathie psoriasique (mon médecin traitant : "c'est quoi ça ? Je ne savais pas que ça existait !")
Dans les 0,1% des malades Crohniens en Belgique. 

Et si on croise toutes ces stats ? 
Qui est bon en statistiques ?

Et pour les examens, pareil, une fois sur  deux il y a un truc bizarre.
Et pour les hospitalisations & opérations, pareil, il y a souvent un twist anormal.
 
Et je suis toujours là !?!?

Mais la veille d'un rdv à Erasme, j'ai peur.
Je ne suis pas arrivée à apprivoiser cette peur.
Et même, c'est de pire en pire le temps passant puisque ça se confirme de mois en mois ... en cascade.
Au tout tout début j'étais toujours optimiste.
Maintenant ... j'essaie de ne rien penser.
Mais je dois quand même préparer mes questions au cas où alors ...

Je suis fatiguée aussi d'avoir cette appréhension, à la longue.
On ne s'habitue jamais.

Demain, un ami m'accompagne. C'est déjà moins pire comme ça !
Et heureusement l'équipe de médecins qui s'occupe de moi est - en plus de leur compétence - très sympa et je ne suis pas un numéro pour eux ... forcément ...

Mes nuits avant ces rdv ne sont pas les meilleures (et vu le nombre de rdv) ... 

J'espère rêver du soleil de François mon oncle et de mon autre François des voyages
http://www.voyages-terressacrees.com/fr/Newsletter/Newsletter15.php


J'espère rêver d'escapades et de longs week-end à Barcelone ou Florence ...

J'espère rêver de rencontres dont une magique ...

Bonne journée à chacun.

PS: Parfois je suis trop fatiguée pour me relire ... sorry pour les fautes quand il y en a

lundi 24 février 2014

Le Chemin de ma Vie ...

Je ne sais pas où il va.
Je ne sais pas combien de temps pour arriver au point de rdv ...
Je ne sais pas comment m'y déplacer.
Je ne sais pas avec qui m'y promener.
Je ne sais pas combien de temps durent les deuils
Je ne sais pas si la douleur va s'amenuiser
Je ne sais pas tellement de choses.

De quoi suis je sûre ?

Que je vais mourir un jour.
Que ça fait 8 ans de difficultés consécutives
Que j'aime des gens
Que des gens m'aiment
Que je suis seule même si je suis "entourée"
Que j'ai un chat qui ronronne
Que j'aime la glace au caramel mais que je ne peux pas trop en manger

Que j'aimerais m'asseoir au bord de cette route pour contempler un beau lever de soleil, à 2
Que j'ai mal au coeur
Que l'absence est bien trop longue

Que j'aimerais tout oublier, tout.

samedi 22 février 2014

Debout, toujours tenir debout ...

Très beau week-end ...

Et puis hop, replonger dans le quotidien des rdv à l'hôpital : 4 cette semaine.

Hier j'étais chez l'algologue, l'anesthésiste spécialiste de la douleur.

Comme on avait (on = le collège des médecins chefs des services rhumatologie/infectiologie/pneumologie/néphrologie/gastroentérologie/etc  dont Tant - cf post précédent - qui chef de clinique adjointe) décidé de me supprimer l'anti-inflammatoire et le metrotrexate (chimio en cachet - provisoirement), la douleur du ventre (de l'hypocondre droit) partant du dessous du sein jusqu'au pubis et au nombril pour aller dans le dos jusqu'aux vertèbres, cette douleur empirait de telle manière que j'ai essayé de compenser en prenant plus de morphine, jusqu'à 300 mg mais cela ne couvrait même pas la douleur.

Cette douleur est tellement complexe, pour rappel : système nerveux central massacré, donc la zone de la douleur dans le cerveau ne fonctionne plus comme il faut et les connections électriques des synapses sont faussées ...
Bref je n'ai pas de paliers douleur, moi c'est rien ou trèèèès mal, grâce à un connard d'anesthésiste qui a travaillé alors que sa femme venait de se suicider.
Il m'a laissé sans système anti douleur (pompe à morphine oui, mais je ne l'ai pas supportée et il avait retiré le feed back qui était la péridurale avant de vérifier que je ne supporte la pompe à morphine : comme j'avais des nausées et une sonde, basta on a enlevé la pompe à morphine)  après l'hépatectomie qui est l'opération la plus douloureuse qui soit car le foie est enveloppé du hile, très innervé, et le foie contient plus de sang que tout autre organe (d'ailleurs les médecins et le personnel médical au courant ne préviennent jamais le patient de ça car ça augmenterait le stress inhérent à l'opération, infos reçues de plusieurs sources médicales et d'un autre patient ... même ma soeur infirmière me l'a caché)

Comme il me restait 1/3 de foie càd le gauche càd le minimum pour survivre : ni manger ni boire pendant une semaine.
Ni médicament bien sûr : le foie est l'usine transformatrice de tout ce que l'on ingère.
Donc 3 jours en douleur extrême.

Chez l'algologue on refait la liste de toutes les médications qui se chevauchent en plus ... bref les facteurs GPT, GOT, G-glutamyl-transférase, bilirubine, etc etc de mon foie ayant continué leur descente (lors de l'hospitalisation num. 2, je suis tombée dans le coma - et même là, la mort n'a pas voulu de moi car l'infirmier de nuit consciencieux est passé et m'a trouvée en délire puis pouf coma et intervention des soins intensifs et le lendemain tout remis "en ordre" dans le sens j'étais dans mon lit réveillée - mais c'est pour ça que mes visites du jour m'ont trouvée endormie toute la journée et n'ont pu que retourner chez elles en me laissant des petits mots et cadeaux).
Et donc lors de ce coma des tas de facteurs du corps humains se sont déréglés (j'avais expliqué l'hypernatrémie et l'hypokaliémie) dont le foie qui s'est ramassé une cytolyse càd une destruction des cellules qui fait que ces facteurs montent en flèche, genre la norme c'est < 31 et j'étais à 600 et des poussières.

Pas pour rien que je suis rentrée mal : broncho pneumonie de tout le poumon droit donc attaque par tri thérapie antibiotique et cet épisode comateux (consécutif au premier en fait : malgré ce que je buvais et la poche d'entretien, je me suis retrouvée déshydratée à cause des diarrhées et donc perte des sels minéraux etc ).

Bref l'algologue, un de mes chéris aussi, le 1er que j'ai rencontré à Erasme au centre anti-douleur, m'a permis de reprendre l'anti inflammatoire le soir ... ça attaque la douleur par une autre porte.

C'est le néphrologue qui va pas être content ... lui voudrait me donner de la cortisone mais je refuse absolument !!

On verra ...

Il prescrit les ordonnances et je lui demande s'il n'a rien contre les larmes ... je pleure encore tous les jours, oui.

Il me dit : " vous savez, il y a des gens qui n'ont qu'une seule pathologie et qui s'écroulent et s'arrêtent de vivre, vous vous cumulez , avec en plus les événements personnels des deuils, et vous êtes toujours debout " ...

Il a mal au cœur et se sent impuissant et me reparle du psy comme soutien,  en me disant que j'ai mes amis, beaucoup apparemment  (il a ri quand je lui ai raconté mon doodle pour les trajets et m'a dit "enfin un doodle qui marche !") et que si je suis arrivée debout jusqu'ici après tout ce que j'ai vécu depuis 8 ans, c'est que je suis "solide de chez solide" ... et moi je me sens si fragile, quel paradoxe.

A quel prix ... A quel prix ...

Heureusement dans tout ça il y a quand même des cadeaux de la vie ... mais à force de me trouver dans cette cascade - escalade j'ai du mal à voir la face optimiste ... je vais mardi pour un rdv pour un "nouveau" problème consécutif à ce Crohn et moi je vois que ça dégénère ... et si jamais ce n'est pas le cas alors tant mieux, cela fera la bonne surprise. Mais je suis incapable maintenant, après toutes les galères successives, de penser "non c'est rien" et d'aviser si il s'avère que oui c'est un problème.
Et si non, si tout est Ok, ce sera alors cool !!
Mais je connais trop bien mon corps maintenant, aussi.

Il y a 8ans, 7ans, j'étais optimiste.
Maintenant je suis pessimiste et je me réjouis si c'est une bonne nouvelle, j'ai eu trop de merdes après merdes après merdes.

On verra
Jour après Jour

http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/article-le-role-des-cellules-gliales-32599.php

Week end d'Amour pour Framboise (le surnom que m'a donné ma filleule de coeur)

Bonjour,

J'ai passé un week end chez ma filleule de coeur (qui était la "petite fille de coeur" de mon père (celui -ci n'ayant aucun petit-enfant), chez le meilleur ami de mon père (il habite à moitié ici en Belgique, à moitié en Suisse à 3 km de chez mes parents), chez mon ami maintenant.

Week end vraiment bien et bon pour l'âme et le coeur ... mais même à un rythme d'escargot pour eux, moi j'ai eu besoin de la semaine pour me remettre : dormir toutes les nuits 14 à 15h !! Atelier peinture de céramiques, préparer la présentation sur van Gogh, discuter jusqu'à minuit, reçu un cadeau tout comme sa fille (il aime faire des cadeaux aux gens qu'il aime), se balader pour voir où sont les 3èmes cendres de mon papa (sur le terrain de leur prochaine maison en construction, sous un très bel arbre aux feuilles ... pourpres :)  pour ceux qui me connaissent de vue et de photos, c'est un de mes couleurs préférées - et ils auront vue sur l'arbre ...), un peu trop de repas pour moi et surtout je n'ai pas résisté au pot de glace (en entier quasi s'il vous plaît !) crème brûlée ...

Bref : je suis rentrée heureuse, déconnectée, envie de peindre vraiment ... Bien

Tellement que je suis restée dormir la nuit de dimanche à lundi, non prévu, pour faciliter l'organisation familiale ... je suis arrivée à Erasme en limousine, s'il vous plaît (mon ami utilise très très souvent les services d'une société de limousines, surtout le patron de ladite société, B. qui est devenu un confident, un copain même, au fil des trajets dont certains de 4h, que nous avons passés ensemble.Et il a connu mon papa. Alors il comprend. Je l'aime bien, cet homme. Un bon coeur. Mais un patron à la main de fer !)

Et puis hop, replonger dans le quotidien des rdv à l'hôpital : 4 cette semaine.

Cet ami voulait m'emmener sur une plage de sable fin, vous savez, le genre des photos de rêves que les agences vous montrent pour baver d'envie ... Là bas, j'aurais dormi la nuit dans un hamac, me réveillant la nuit (toujours au moins une fois, je suis une fille !) sous
un ciel parsemé d'étoiles comme seulement en Afrique...

Ben non, faut faire le vaccin de la fièvre jaune et dans mon état de toute façon c'est pas recommandé : "vous oubliez" sorti comme une mitraillette de la bouche de mon médecin coordonnant d'Erasme (la rhumato qui s'appelle Tant, excellente, jusqu'au boutiste, directe, ancrée, celle vers qui je me tourne en dernier ressort)

D'abord un vaccin vivant est interdit avec le traitement par anti tnf càd ma biothérapie en chimio. Je pourrais en mourir.

Et puis vu mon état (inversion de la formule lymphocytaire et immunosuppression ...) c'est vrai que je ne suis pas chaude pour prendre le risque maintenant.

Plus tard, quand ça ira mieux.
Je ne sais pas quand.

Tellement de choses que je ne sais pas quand ...