Après "l'escalade" :2 cancers (sein)+tuberculose (foie),hépatectomie majeure,maladies auto-immunes dont Crohn et arthropathie psoriasique,traitements, complications, erreurs médicales et polymédication, j'ai déposé, pour tenir debout & me relever, mes pierres trop lourdes, petit à petit sur ce blog. Pour survivre, ensuite re-Vivre. Et maintenant construire ma vie avec qui je suis. Avec appétit ! :-)
mercredi 12 février 2014
mardi 11 février 2014
Je hais les tuyaux d'hôpitaux !!
Bonjour lectrice et lecteur,
Aujourd'hui c'est "rencontre avec la sonde" presque en direct live.
RDV pris pour HPmétrie par les gastroentérologues ...
C'est quoi ça ??
On a parlé de choses + importantes la dernière fois que je les ai vus, au point que je suis passée à côté ... j'ai oublié de poser des question (acte manqué ?) et eux ont oublié de prescrire la demande pour le service d'endoscopie ...
Ce matin, 8h : on anesthésie un peu la narine, chez moi la gauche qui est la seule plus ou moins ouverte et permettant un passage vers la gorge ... la droite plus la peine d'essayer, ils ont déjà tenté lors de la bronchoscopie, avec un fiasco total.
Nous sommes toutes prêtes, on y va. L'infirmière commence à introduire ce tuyau avec la sonde : passage fort difficile, paroi nasale étroite et déviée, douleurs, douleurs.
Pour arriver à la gorge, elle peine. Moi aussi.
Pour descendre ensuite dans l'estomac, ouille mais on y arrive.
A la radio : emplacement parfait.
L'infirmière peut fixer le tuyau avec des pansements transparents et imperméables.
Un boîtier en bandoulière pour noter debout/couché et manger ou boire/ ou pas et Douleur, et le cordon gainé y est rattaché. 5000 euros.
Pas douche, pas bain, pas laver les cheveux ... pas casser !!
Le moindre mouvement, la moindre déglutition, même parler, ça fait mal.
Le pire c'est au nez. Le tuyau bouge tout le temps et irrite le nez, et on a l'impression désagréable d'avoir ... un tuyau dans la gorge !! ;)
Heureusement JP est avec moi et pour me remettre je le rejoins à la cafétéria et je prends un capuccino pour me "récompenser" : plus de douleurs que de plaisir !
Me disant que je ne pourrai sans doute pas manger grand chose, on passe au Mac Do Drive In du Cora et je prends une glace et un frappé pour plus tard.
Pas la meilleure idée ! Motilium instant qui ne me quitte jamais me sauve la mise.
J'arrive à peine à sortir de la voiture, je suis décapée.
Rentrée, j'arrive à dormir 2h.
L'après midi j'essaie d'avancer dans ma paperasse et je parviens à faire deux choses importantes et quelques mails. Boire est chaque fois un calvaire, n'en pouvant plus de pleurer je prends quand même un xanax histoire de mieux supporter. Auparavant j'avais déjà essayé de prendre plus de morphine que d'habitude.
Pour mon repas du soir : un nutricia Fortimel protéiné moka (en fait j'avais prévu des biscuits mous et 3 de ces boissons épaisses extrêmement reconstituantes).
Le goût est pas mal. J'avale mes médocs du soir avec une première bouteille de 125 ml à 2,4 Kcalories le ml.
Et là : abominable crise de douleurs, 2 motiliums instants et 2 oxynorm instants (morphine) pour essayer de calmer le malaise. Debout, couchée, roulée en boule, en position de repos de yoga : rien à faire, à hurler de mal.
Tremblements, suées froides, nausées ... et seule.
On est toujours horriblement seul avec la douleur.
Je me demande si la sonde l'entend et l'enregistre cette souffrance ??
A ce moment là un ami me lance un message sur Facebook, j'étais avant cette tentative de repas, occupée à écrire le début de ce post.
Heureusement ... moi qui jusqu'alors ai l'habitude d'avoir mal en pleurant seule (parfois avec mon meilleur ami, mon ex amoureux de 22 ans, cela arrive qu'il soit là lors de crises et je peux m'effondrer sur des épaules - démunies mais présentes), avoir des paroles de réconfort dans un moment pareil, ça fait du bien, quand même.
Jusqu'à ce que je ne puisse plus que fermer l'ordinateur tellement c'est insupportable, et attendre en respirant profondément que ça passe. Une bonne heure.
C'est pas aujourd'hui que j'aurai pris des kgs !
Mais dans l'après midi je me suis quand même lavé - très précautionneusement pour le cordon et l'enregistreur - les cheveux, Na !
Rétrospectivement, je comprends pourquoi personne ne m'avait donné de détails sur cet examen endoscopique.
Clairement, vu le nombre de fois où mon corps a fait l'objet et a subit des découpages, des invasions de perfusions, d'aiguilles de toutes les grosseurs (avec un implant, c'est très très gros l'aiguille), de tuyaux, de sondes, de mains médicales ... je ne supporte plus ces examens là pour le moment et je suis certainement plus extra-sensible.
N'empêche que cet anesthésiste de l'opération du foie, j'ai du mal à lui pardonner de m'avoir détraqué le système nerveux central et le centre de la douleur.
Je vais donc aller prendre un somnifère pour pouvoir dormir avec cet attirail et me rappeler comment je dois me déshabiller sans m'emmêler les "pinceaux" entre la bandoulière, le tuyau et mes vêtements.
Mais avant de monter dans mon lit, j'ai vu sur ma table de cuisine le pot de caramel à tartiner ... pas pu résister, j'en prends une bonne grosse cuillère.
Purée !! J'ai cru qu'on m'arrachait le nez, le caramel a fait glu sur le tuyau collé contre la gorge, ça a fait traction et ... même ça ne me dégoutera pas du caramel ! Mais demain quand je rentre, j'en avale une grosse cuillerée avec délectation !
Plus que 7h30 et je suis délivrée !!
Je profiterai avec pleine conscience de cette liberté retrouvée.
Bonne journée à tous et à bas les tuyaux !
PS Demain je mettrai une photo souriante !!
Aujourd'hui c'est "rencontre avec la sonde" presque en direct live.
RDV pris pour HPmétrie par les gastroentérologues ...
C'est quoi ça ??
On a parlé de choses + importantes la dernière fois que je les ai vus, au point que je suis passée à côté ... j'ai oublié de poser des question (acte manqué ?) et eux ont oublié de prescrire la demande pour le service d'endoscopie ...
Ce matin, 8h : on anesthésie un peu la narine, chez moi la gauche qui est la seule plus ou moins ouverte et permettant un passage vers la gorge ... la droite plus la peine d'essayer, ils ont déjà tenté lors de la bronchoscopie, avec un fiasco total.
Nous sommes toutes prêtes, on y va. L'infirmière commence à introduire ce tuyau avec la sonde : passage fort difficile, paroi nasale étroite et déviée, douleurs, douleurs.
Pour arriver à la gorge, elle peine. Moi aussi.
Pour descendre ensuite dans l'estomac, ouille mais on y arrive.
A la radio : emplacement parfait.
L'infirmière peut fixer le tuyau avec des pansements transparents et imperméables.
Un boîtier en bandoulière pour noter debout/couché et manger ou boire/ ou pas et Douleur, et le cordon gainé y est rattaché. 5000 euros.
Pas douche, pas bain, pas laver les cheveux ... pas casser !!
Le moindre mouvement, la moindre déglutition, même parler, ça fait mal.
Le pire c'est au nez. Le tuyau bouge tout le temps et irrite le nez, et on a l'impression désagréable d'avoir ... un tuyau dans la gorge !! ;)
Heureusement JP est avec moi et pour me remettre je le rejoins à la cafétéria et je prends un capuccino pour me "récompenser" : plus de douleurs que de plaisir !
Me disant que je ne pourrai sans doute pas manger grand chose, on passe au Mac Do Drive In du Cora et je prends une glace et un frappé pour plus tard.
Pas la meilleure idée ! Motilium instant qui ne me quitte jamais me sauve la mise.
J'arrive à peine à sortir de la voiture, je suis décapée.
Rentrée, j'arrive à dormir 2h.
L'après midi j'essaie d'avancer dans ma paperasse et je parviens à faire deux choses importantes et quelques mails. Boire est chaque fois un calvaire, n'en pouvant plus de pleurer je prends quand même un xanax histoire de mieux supporter. Auparavant j'avais déjà essayé de prendre plus de morphine que d'habitude.
Pour mon repas du soir : un nutricia Fortimel protéiné moka (en fait j'avais prévu des biscuits mous et 3 de ces boissons épaisses extrêmement reconstituantes).
Le goût est pas mal. J'avale mes médocs du soir avec une première bouteille de 125 ml à 2,4 Kcalories le ml.
Et là : abominable crise de douleurs, 2 motiliums instants et 2 oxynorm instants (morphine) pour essayer de calmer le malaise. Debout, couchée, roulée en boule, en position de repos de yoga : rien à faire, à hurler de mal.
Tremblements, suées froides, nausées ... et seule.
On est toujours horriblement seul avec la douleur.
Je me demande si la sonde l'entend et l'enregistre cette souffrance ??
A ce moment là un ami me lance un message sur Facebook, j'étais avant cette tentative de repas, occupée à écrire le début de ce post.
Heureusement ... moi qui jusqu'alors ai l'habitude d'avoir mal en pleurant seule (parfois avec mon meilleur ami, mon ex amoureux de 22 ans, cela arrive qu'il soit là lors de crises et je peux m'effondrer sur des épaules - démunies mais présentes), avoir des paroles de réconfort dans un moment pareil, ça fait du bien, quand même.
Jusqu'à ce que je ne puisse plus que fermer l'ordinateur tellement c'est insupportable, et attendre en respirant profondément que ça passe. Une bonne heure.
C'est pas aujourd'hui que j'aurai pris des kgs !
Mais dans l'après midi je me suis quand même lavé - très précautionneusement pour le cordon et l'enregistreur - les cheveux, Na !
Rétrospectivement, je comprends pourquoi personne ne m'avait donné de détails sur cet examen endoscopique.
Clairement, vu le nombre de fois où mon corps a fait l'objet et a subit des découpages, des invasions de perfusions, d'aiguilles de toutes les grosseurs (avec un implant, c'est très très gros l'aiguille), de tuyaux, de sondes, de mains médicales ... je ne supporte plus ces examens là pour le moment et je suis certainement plus extra-sensible.
N'empêche que cet anesthésiste de l'opération du foie, j'ai du mal à lui pardonner de m'avoir détraqué le système nerveux central et le centre de la douleur.
Je vais donc aller prendre un somnifère pour pouvoir dormir avec cet attirail et me rappeler comment je dois me déshabiller sans m'emmêler les "pinceaux" entre la bandoulière, le tuyau et mes vêtements.
Mais avant de monter dans mon lit, j'ai vu sur ma table de cuisine le pot de caramel à tartiner ... pas pu résister, j'en prends une bonne grosse cuillère.
Purée !! J'ai cru qu'on m'arrachait le nez, le caramel a fait glu sur le tuyau collé contre la gorge, ça a fait traction et ... même ça ne me dégoutera pas du caramel ! Mais demain quand je rentre, j'en avale une grosse cuillerée avec délectation !
Plus que 7h30 et je suis délivrée !!
Je profiterai avec pleine conscience de cette liberté retrouvée.
Bonne journée à tous et à bas les tuyaux !
PS Demain je mettrai une photo souriante !!
jeudi 6 février 2014
Comment j'ai vécu cette journée de la performance de Jef Aérosol à partir de la photo de Fabienne Cresens :)
Un départ très tôt, Fabienne et moi excitées comme des gamines.
J'avais en 2013 contacté Skin et donné une toile intégrée dans le travail d'une autre artiste. J'ai présenté Fabienne Cresens la photographe à Cécile Cleach, la présidente, qui adore ses photos.
Et nous voilà embarquées dans cette aventure pour la journée contre le cancer.
Dormir pendant le trajet pour prendre des forces !
Arrivées à destination devant cette très belle grande double porte en bois, on monte et on sonne.
Je ne me rappelle plus qui nous a ouvert, à part le grand sourire de sa propriétaire ... et un accueil chaleureux qui m'a prise par surprise.
Anne So tu es adorable !
Nous étions encore en petit comité dans le moment des préparations, dans "l'avant".
Je fais connaissance en vrai avec Cécile (la présidente de Skin), avec Anne So et les autres membres de l'équipe qui s'animent à mettre en place la dernière touche. Et je rencontre Jef, en me demandant s'il a pris du plaisir à travailler sur et à partir d'un portrait pas forcément choisi par lui. On papote un peu.
Petit à petit les invités arrivent ... après la performance, je saurai qu'il y a pêle-mêle des photographes (facile !), des journalistes, des mécènes potentiels, une chercheuse CNRS qui œuvre à faire connaître son travail dans le concret par des visites de son labo notamment, des femmes qui ont des seins opérés, perdus ... des femmes qui sortent à peine des traitements et d'autres pour qui c'est un souvenir lointain dans le temps mais toujours présent dans le corps.
Je regarde tout ça à la fois du dehors de moi-même, un peu comme spectatrice, et en partie concernée mais plus comme un symbole que pour moi-même.
Tout le monde est enfin installé, la salle bourrée, le plastic sur le sol, le chevalet et la toile noire, les bombes de peinture pour partir du "noir vers la lumière", la photo de base (en fait non, il a travaillé finalement à partir d'une autre photo de Fabienne, photos qui ont été faites 3 jours après que je sorte d'hospitalisation difficile !), les pochoirs - je suis impressionnée par leur nombre - Jef debout prêt à démarrer ... merde et moi je suis debout, je ne vais jamais tenir le coup comme ça ... grâce à Anne So, un gentil monsieur m'apporte un fauteuil et je m'installe sur le côté pour ne pas trop gêner les photographes.
Le moment arrive où Cécile Claech présente le projet Skin, le déroulé de la représentation, Blanca Li la marraine explique son engagement, Clara Nahmias la directrice de recherche au CNRS nous fait part de son travail, et Jef s’apprête à commencer après un petit préambule.
Le brouhaha s'éteint et les flashs crépitent.
Et la magie de l’œuvre que l'artiste, et l'homme derrière l'artiste, élabore au fur et à mesure des pochoirs et des coups de bombes aérosols touche les gens qui sont là.
Il explique par ci par là ce qu'il fait, il a décidé cette fois ci de mettre un papillon en plus, puis sa flèche rouge vers le regard (miroir de l'âme ?).
Sans savoir que le papillon pour moi est lié à un moment important dans mon parcours : jusqu'alors mon corps avait été découpé, trituré, envahi par des tuyaux, des aiguilles, touché par des blouses vertes et blanches ... corps désincarné de sa propriétaire.
Et un jour j'ai rencontré un homme qui m'a donné des papillons au ventre et j'ai pu renouer avec le plaisir, le charnel, l'amour et la sensualité. Et je le lui ai expliqué. Étrange.
Papillons ... et larmes. Et Perle aussi (private joke).
Une fois sa toile terminée, la ronde des photos et interview et questions et discussions de tous les côtés.
Et je croule, je m'en vais dormir dans un fauteuil blanc.
Et puis on se retrouve à nouveau en petit comité avec une sensation étrange d'avoir commis ensemble une superbe expérience grâce à Cécile. Une vraie rencontre via l'Art et l'Humanité.
La toile va être vendue et des tirages de la toiles aussi, au profit de Skin, sur le site de Skin. :)
Merci Skin, merci tous.
https://www.facebook.com/mariejolisourire
http://www.citizenside.com/fr/photos/culture/2014-02-04/89797/paris-le-street-artiste-jef-aerosol-participe-a.html#f=0/866329
SKIN Journée Mondiale contre le cancer Jef Aérosol 04FEVRIER2014
Jef Aerosol pour S-K-I-N (04/02/2014)
J'avais en 2013 contacté Skin et donné une toile intégrée dans le travail d'une autre artiste. J'ai présenté Fabienne Cresens la photographe à Cécile Cleach, la présidente, qui adore ses photos.
Et nous voilà embarquées dans cette aventure pour la journée contre le cancer.
Dormir pendant le trajet pour prendre des forces !
Arrivées à destination devant cette très belle grande double porte en bois, on monte et on sonne.
Je ne me rappelle plus qui nous a ouvert, à part le grand sourire de sa propriétaire ... et un accueil chaleureux qui m'a prise par surprise.
Anne So tu es adorable !
Nous étions encore en petit comité dans le moment des préparations, dans "l'avant".
Je fais connaissance en vrai avec Cécile (la présidente de Skin), avec Anne So et les autres membres de l'équipe qui s'animent à mettre en place la dernière touche. Et je rencontre Jef, en me demandant s'il a pris du plaisir à travailler sur et à partir d'un portrait pas forcément choisi par lui. On papote un peu.
Petit à petit les invités arrivent ... après la performance, je saurai qu'il y a pêle-mêle des photographes (facile !), des journalistes, des mécènes potentiels, une chercheuse CNRS qui œuvre à faire connaître son travail dans le concret par des visites de son labo notamment, des femmes qui ont des seins opérés, perdus ... des femmes qui sortent à peine des traitements et d'autres pour qui c'est un souvenir lointain dans le temps mais toujours présent dans le corps.
Je regarde tout ça à la fois du dehors de moi-même, un peu comme spectatrice, et en partie concernée mais plus comme un symbole que pour moi-même.
Tout le monde est enfin installé, la salle bourrée, le plastic sur le sol, le chevalet et la toile noire, les bombes de peinture pour partir du "noir vers la lumière", la photo de base (en fait non, il a travaillé finalement à partir d'une autre photo de Fabienne, photos qui ont été faites 3 jours après que je sorte d'hospitalisation difficile !), les pochoirs - je suis impressionnée par leur nombre - Jef debout prêt à démarrer ... merde et moi je suis debout, je ne vais jamais tenir le coup comme ça ... grâce à Anne So, un gentil monsieur m'apporte un fauteuil et je m'installe sur le côté pour ne pas trop gêner les photographes.
Le moment arrive où Cécile Claech présente le projet Skin, le déroulé de la représentation, Blanca Li la marraine explique son engagement, Clara Nahmias la directrice de recherche au CNRS nous fait part de son travail, et Jef s’apprête à commencer après un petit préambule.
Le brouhaha s'éteint et les flashs crépitent.
Et la magie de l’œuvre que l'artiste, et l'homme derrière l'artiste, élabore au fur et à mesure des pochoirs et des coups de bombes aérosols touche les gens qui sont là.
Il explique par ci par là ce qu'il fait, il a décidé cette fois ci de mettre un papillon en plus, puis sa flèche rouge vers le regard (miroir de l'âme ?).
Sans savoir que le papillon pour moi est lié à un moment important dans mon parcours : jusqu'alors mon corps avait été découpé, trituré, envahi par des tuyaux, des aiguilles, touché par des blouses vertes et blanches ... corps désincarné de sa propriétaire.
Et un jour j'ai rencontré un homme qui m'a donné des papillons au ventre et j'ai pu renouer avec le plaisir, le charnel, l'amour et la sensualité. Et je le lui ai expliqué. Étrange.
Papillons ... et larmes. Et Perle aussi (private joke).
Une fois sa toile terminée, la ronde des photos et interview et questions et discussions de tous les côtés.
Et je croule, je m'en vais dormir dans un fauteuil blanc.
Et puis on se retrouve à nouveau en petit comité avec une sensation étrange d'avoir commis ensemble une superbe expérience grâce à Cécile. Une vraie rencontre via l'Art et l'Humanité.
La toile va être vendue et des tirages de la toiles aussi, au profit de Skin, sur le site de Skin. :)
Merci Skin, merci tous.
https://www.facebook.com/mariejolisourire
http://www.citizenside.com/fr/photos/culture/2014-02-04/89797/paris-le-street-artiste-jef-aerosol-participe-a.html#f=0/866329
SKIN Journée Mondiale contre le cancer Jef Aérosol 04FEVRIER2014
Jef Aerosol pour S-K-I-N (04/02/2014)
mardi 4 février 2014
Une journée intense, ce 4 février 2014
Rencontres
Artistes
Cancers
Intensite
Larmes
Sourires
Photos
Emotions
Discussions
Questions
Réponses
"Triome"
Toile
Mal au Coeur
Papillon
Corps Blessés
Skin
Paris
260 mg de morphine
Livre avec mes peintures "volé"
Film
Dormir dans un fauteuil blanc
Jef, Fabienne,Cécile,Anne So et moi
Retour
Noir
Miauw
Divan
Dormir
Se réveiller : un rêve ??
Je sais je dois me remettre à peindre ...
dimanche 2 février 2014
Face à Face avec un assassin
Je vais donc reprendre cette histoire du meurtre ...
Il y a une quinzaine d'années, je rentrais chez moi.
Je traverse la rue et arrivée quasi sur le trottoir d'en face je vois deux hommes courir dans ma direction comme des dératés, un 3ème à leur suite.
Je me dis "oups, ça c'est pas courir pour rien, on dirait une question de vie ou de mort", et j'entends un bruit qui ressemble à un bruit de pétard ... à un coup de feu en fait.
Le poursuivant venait de tirer dans le dos du 1er qui s'est tenu la poitrine sous le choc. Il continue de courir, malgré la douleur et je vois le rictus sur son visage.
Pan, deuxième coup de feu.
Moi j’avançais toujours lentement et je vois cet homme s'écrouler dans l'entrée d'un hôtel face à lui (son idée apparemment était de se réfugier dans cet hôtel).
Je continue - tout cela se passe comme dans un film, et cela se passe à la fois au ralenti et en même temps extrêmement rapidement.
Quand le tireur se retourne pour traverser la rue dans l'autre sens (et revenir à son point de départ) ... nous nous trouvons face à face, à 1m50 l'un de l'autre.
Lui son arme orientée vers mon ventre, nous nous regardons les yeux dans les yeux.
Le temps est suspendu pour moi "c'est ça mourir alors" ... et puis je lui dis "c’est pas mon histoire, ça ne me concerne pas" et je me retourne pour poursuivre mon chemin sur mon trottoir.
Surpris, il décide finalement de continuer de traverser pour rejoindre sa voiture garée au coin d'une rue perpendiculaire à la chaussée. Il ouvre la porte côté conducteur, son arme toujours en main et attend son complice qui le rejoint en courant.
Ils s'engouffrent ensuite dans la voiture et foncent comme des malades pour disparaître au loin.
Pendant qu'il attendait je me dis "retiens leur visage, merde c'est trop difficile, alors la plaque de voiture et je la mémorise" tout en continuant mon chemin en dépassant l'entrée de la maison afin que s'ils se retournent, ils ne puissent voir où je rentre.
Je téléphone ensuite à la police et là, le doigt dans la machine judiciaire. PJ, Juge d'instruction (voilà mon téléphone au cas où vous recevriez des menaces, histoire de mafia et de blanchiment d'argent et de drogue entre ex soviétiques)
A l'époque je travaillais ... dans un service d'assistance aux victimes de violence.
Et je me retrouve de l'autre côté.
La reconnaissance derrière la vitre sans tain, la reconstitution photographiée, les Assises (21 ans pour le meurtrier), le jugement concernant le complice cassé par le juge par manque de preuves, l'aveu post procès et condamnation de l'assassin, le jugement par contumace du complice ...
J'aurai participé à l'histoire judiciaire de la Belgique, et je n'en suis pas sortie indemne.
J'ai vécu le traumatisme, le stress post-traumatique et expérimenté des techniques d'hypnose et d'EMDR pour retrouver un sommeil sans cauchemars lors desquels j'expérimentais toutes les façons de mourir (noyée, attaquée par couteau, dans une voiture sabotée dévalant des rochers, étranglée, par poison, etc, etc).
Peut être que j'aurais dû changer de boulot à ce moment là ? Cela reste une question.
Par ailleurs cette expérience m'aura apporté un ressenti et une connaissance de l'intérieur de ce que pouvaient vivre les personnes demandant de l'aide à notre service.
Et je n'oublierai jamais le visage de cet homme.
Il y a une quinzaine d'années, je rentrais chez moi.
Je traverse la rue et arrivée quasi sur le trottoir d'en face je vois deux hommes courir dans ma direction comme des dératés, un 3ème à leur suite.
Je me dis "oups, ça c'est pas courir pour rien, on dirait une question de vie ou de mort", et j'entends un bruit qui ressemble à un bruit de pétard ... à un coup de feu en fait.
Le poursuivant venait de tirer dans le dos du 1er qui s'est tenu la poitrine sous le choc. Il continue de courir, malgré la douleur et je vois le rictus sur son visage.
Pan, deuxième coup de feu.
Moi j’avançais toujours lentement et je vois cet homme s'écrouler dans l'entrée d'un hôtel face à lui (son idée apparemment était de se réfugier dans cet hôtel).
Je continue - tout cela se passe comme dans un film, et cela se passe à la fois au ralenti et en même temps extrêmement rapidement.
Quand le tireur se retourne pour traverser la rue dans l'autre sens (et revenir à son point de départ) ... nous nous trouvons face à face, à 1m50 l'un de l'autre.
Lui son arme orientée vers mon ventre, nous nous regardons les yeux dans les yeux.
Le temps est suspendu pour moi "c'est ça mourir alors" ... et puis je lui dis "c’est pas mon histoire, ça ne me concerne pas" et je me retourne pour poursuivre mon chemin sur mon trottoir.
Surpris, il décide finalement de continuer de traverser pour rejoindre sa voiture garée au coin d'une rue perpendiculaire à la chaussée. Il ouvre la porte côté conducteur, son arme toujours en main et attend son complice qui le rejoint en courant.
Ils s'engouffrent ensuite dans la voiture et foncent comme des malades pour disparaître au loin.
Pendant qu'il attendait je me dis "retiens leur visage, merde c'est trop difficile, alors la plaque de voiture et je la mémorise" tout en continuant mon chemin en dépassant l'entrée de la maison afin que s'ils se retournent, ils ne puissent voir où je rentre.
Je téléphone ensuite à la police et là, le doigt dans la machine judiciaire. PJ, Juge d'instruction (voilà mon téléphone au cas où vous recevriez des menaces, histoire de mafia et de blanchiment d'argent et de drogue entre ex soviétiques)
A l'époque je travaillais ... dans un service d'assistance aux victimes de violence.
Et je me retrouve de l'autre côté.
La reconnaissance derrière la vitre sans tain, la reconstitution photographiée, les Assises (21 ans pour le meurtrier), le jugement concernant le complice cassé par le juge par manque de preuves, l'aveu post procès et condamnation de l'assassin, le jugement par contumace du complice ...
J'aurai participé à l'histoire judiciaire de la Belgique, et je n'en suis pas sortie indemne.
J'ai vécu le traumatisme, le stress post-traumatique et expérimenté des techniques d'hypnose et d'EMDR pour retrouver un sommeil sans cauchemars lors desquels j'expérimentais toutes les façons de mourir (noyée, attaquée par couteau, dans une voiture sabotée dévalant des rochers, étranglée, par poison, etc, etc).
Peut être que j'aurais dû changer de boulot à ce moment là ? Cela reste une question.
Par ailleurs cette expérience m'aura apporté un ressenti et une connaissance de l'intérieur de ce que pouvaient vivre les personnes demandant de l'aide à notre service.
Et je n'oublierai jamais le visage de cet homme.
Un lundi à Erasme ...
Premier rdv à 8h30 ... avec un psychiatre, en 8 ans de problèmes de santé en cascade, c'est la 1ère fois que je vais chez un psychiatre (j'avais quelques réserves dues à des contacts non efficaces dans le cadre de mon travail antérieur d'aide aux victimes de violence).
Re -raconter tout.
Pas seulement les épisodes santé, mais en gros les événements chocs de sa vie.
Ça fait un peu remonter les émotions :(
Le but c'est de voir si le traitement chimiothérapeutique associé au travail thérapeutique (suivi par un psy génial du centre de la douleur et par des séances d'apprentissage de l'auto-hypnose) est le meilleur possible compte tenu du "tableau" comme le dit Mr. le Psychiatre.
Pas eu le temps de finir sur le cursus vie/santé mais il en savait assez (complémentairement il a étudié tous les rapports me concernant dans l'ordi d'Erasme) pour me dire qu'il n'allait pas changer l'antidépresseur bien supporté pour un autre plus moderne sans garantie d'amélioration et surtout sans garantie qu'il n'allait pas aussi affecter mon foie déjà en souffrance.
Bon point Mr le psychiatre.
On se revoit bientôt pour continuer le cursus.
L'histoire du meurtre le chipotait.
Histoire que je n'ai jamais finie je crois vu l'interruption en cata pour une hospitalisation.
Je ferai donc un post à part pour cette histoire pas banale.
L'ami qui m'a conduite revient voir s'il me ramène chez moi mais vu les retards déjà engrangés je préfères tout compte fait éviter des allers/retours chez moi et rester sur place. Il attend un peu avec moi en attendant ma prise de sang. 10 min. mais ça me fait du bien. me sens moins seule dans cette journée Erasme.
Puis je vais à la prise de sang, comme elle ne trouvait plus de veine qui coulait assez dans le bras/main droite, j' ai suggéré à l'infirmière de prendre une aiguille pour bébé pour chopper une veine plus fine mais en meilleur état. Bingo.
Puis là il me faut attendre 1h30 jusqu'au prochain rdv à midi 15.
Je vais à la cafétéria dans la galerie, moins bruyante et avec wifi, je "lis" mes magasines qui vident la tête genre gala.
Finalement je m'en retourne dans le couloir ad hoc pour ma séance d'hypnose, très réussie. Il me dit que vu mon ressenti, quand je rentre je dois me reposer.
Clair que j'irai dans mon divan ! (et je dormirai 3h30 d'un sommeil très profond).
Ensuite attendre une demi heure pour le dernier rdv avec la Rhumatologue. Je m'installe dans la salle d'attente. tellement fatiguée que je me couche comme je peux sur 2 chaise avec ma tête sur mon sac sur la 3
chaise, recouverte de mon manteau. Et ... la Rhumatologue me réveille !! Avec un grand sourire ...
Dans le bureau elle est ... surprise que j'ai réussi à convaincre ma gastro-entérologue de continuer à me donner le Rémicade, avec antibiothérapie préventive en continue, évidemment ... mais, ell me connaî bien, elle avait dit au collège des gastro que j'insisterais pour continuer.
On avance pas à pas de ce côté là ... on verra si grosse infection ou pas après cette biothérapie de ce vendredi 24. Et si pas : c'est qu'on est sur la bonne voie, à condition de supporter ce traitement au niveaux d'autres organes comme le foie et les reins qui sont déjà affectés. Et de ne pas devenir réfractaire au dit traitement.
Prises de snag, scanner, prochain rdv ...
Certains le suivent déjà depuis 5 ans, 8 ans, 10 ans ...
On verra ... pas à pas
Je rentre, conduite par un ami et ... je dors presque 4h dans mon fameux divan !!
Re -raconter tout.
Pas seulement les épisodes santé, mais en gros les événements chocs de sa vie.
Ça fait un peu remonter les émotions :(
Le but c'est de voir si le traitement chimiothérapeutique associé au travail thérapeutique (suivi par un psy génial du centre de la douleur et par des séances d'apprentissage de l'auto-hypnose) est le meilleur possible compte tenu du "tableau" comme le dit Mr. le Psychiatre.
Pas eu le temps de finir sur le cursus vie/santé mais il en savait assez (complémentairement il a étudié tous les rapports me concernant dans l'ordi d'Erasme) pour me dire qu'il n'allait pas changer l'antidépresseur bien supporté pour un autre plus moderne sans garantie d'amélioration et surtout sans garantie qu'il n'allait pas aussi affecter mon foie déjà en souffrance.
Bon point Mr le psychiatre.
On se revoit bientôt pour continuer le cursus.
L'histoire du meurtre le chipotait.
Histoire que je n'ai jamais finie je crois vu l'interruption en cata pour une hospitalisation.
Je ferai donc un post à part pour cette histoire pas banale.
L'ami qui m'a conduite revient voir s'il me ramène chez moi mais vu les retards déjà engrangés je préfères tout compte fait éviter des allers/retours chez moi et rester sur place. Il attend un peu avec moi en attendant ma prise de sang. 10 min. mais ça me fait du bien. me sens moins seule dans cette journée Erasme.
Puis je vais à la prise de sang, comme elle ne trouvait plus de veine qui coulait assez dans le bras/main droite, j' ai suggéré à l'infirmière de prendre une aiguille pour bébé pour chopper une veine plus fine mais en meilleur état. Bingo.
Puis là il me faut attendre 1h30 jusqu'au prochain rdv à midi 15.
Je vais à la cafétéria dans la galerie, moins bruyante et avec wifi, je "lis" mes magasines qui vident la tête genre gala.
Finalement je m'en retourne dans le couloir ad hoc pour ma séance d'hypnose, très réussie. Il me dit que vu mon ressenti, quand je rentre je dois me reposer.
Clair que j'irai dans mon divan ! (et je dormirai 3h30 d'un sommeil très profond).
Ensuite attendre une demi heure pour le dernier rdv avec la Rhumatologue. Je m'installe dans la salle d'attente. tellement fatiguée que je me couche comme je peux sur 2 chaise avec ma tête sur mon sac sur la 3
chaise, recouverte de mon manteau. Et ... la Rhumatologue me réveille !! Avec un grand sourire ...
Dans le bureau elle est ... surprise que j'ai réussi à convaincre ma gastro-entérologue de continuer à me donner le Rémicade, avec antibiothérapie préventive en continue, évidemment ... mais, ell me connaî bien, elle avait dit au collège des gastro que j'insisterais pour continuer.
On avance pas à pas de ce côté là ... on verra si grosse infection ou pas après cette biothérapie de ce vendredi 24. Et si pas : c'est qu'on est sur la bonne voie, à condition de supporter ce traitement au niveaux d'autres organes comme le foie et les reins qui sont déjà affectés. Et de ne pas devenir réfractaire au dit traitement.
Prises de snag, scanner, prochain rdv ...
Certains le suivent déjà depuis 5 ans, 8 ans, 10 ans ...
On verra ... pas à pas
Je rentre, conduite par un ami et ... je dors presque 4h dans mon fameux divan !!
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